Les 30 juin et 1er juillet 2026, l’Institut du Numérique Responsable (INR) était fier d’être partenaire institutionnel de la 1ère édition du Salon de la Souveraineté Numérique, organisée à Paris. Pendant deux jours, plus de 2 000 participants et près de 100 exposants ont échangé autour d’un objectif commun : renforcer l’autonomie stratégique européenne et valoriser les solutions souveraines.
Au-delà de la réussite de cette première édition, une conviction s’est imposée : la souveraineté numérique ne peut plus être pensée indépendamment des enjeux de responsabilité, de résilience et de robustesse des organisations. Un message que l’INR porte depuis un moment et qu’il a eu l’occasion de partager lors d’une table ronde particulièrement riche.

Une première édition qui confirme un changement de dimension
Cloud de confiance, intelligence artificielle, cybersécurité, open source, données, réglementation européenne, infrastructures critiques… Les nombreux échanges ont illustré l’évolution rapide du sujet. Désormais, la souveraineté numérique dépasse largement la seule question technologique : elle devient un enjeu de compétitivité, de maîtrise des risques, de continuité d’activité et de gouvernance pour les organisations publiques comme privées.
Avec plus de 2000 participants, cette première édition confirme l’intérêt grandissant de l’écosystème pour ces sujets et installe le Salon de la Souveraineté Numérique comme un nouveau rendez-vous de référence.
L’INR mobilisé pour faire dialoguer souveraineté et numérique responsable
Présent durant les deux journées sur le Village Partenaires, l’INR a eu le plaisir d’échanger avec de nombreux adhérents, visiteurs, experts et partenaires autour des enjeux qui façonnent le numérique de demain.
Point fort de cette présence : l’organisation d’une table ronde intitulée « Réconcilier souveraineté et numérique responsable : comment passer de l’intention à l’action ? »
Animée par Emilie Proyart, consultante, conférencière et fondatrice de Sustainably, cette conférence a réuni :
- Richard Bury, Président de l’Institut du Numérique Responsable, DSI et Directeur du programme Numérique Responsable du Groupe EDF ;
- Mariam Warsama, Directrice Numérique Responsable chez Docaposte.
- Olivier Joviado, Directeur des domaines et de l’Observatoire e-santé de l’Agence du Numérique en Santé ;
- Christophe Pham, Président fondateur d’INFOGREEN FACTORY ;
En croisant les regards du secteur public, des entreprises et de l’écosystème du numérique responsable, les intervenants ont partagé leurs retours d’expérience et identifié plusieurs leviers concrets pour accompagner les organisations.

Trois enseignements majeurs à retenir
1. La souveraineté est un pilier du numérique responsable
Premier constat partagé par les intervenants : il n’y a pas à « réconcilier » souveraineté et numérique responsable, car ces deux approches poursuivent des objectifs communs depuis de nombreuses années.
Protection des données, continuité des services, maîtrise des dépendances, sécurité, optimisation des ressources ou maîtrise des coûts : les deux démarches se renforcent mutuellement.
Comme l’a rappelé Richard Bury en ouverture des échanges, ces enjeux sont déjà au cœur des travaux de l’INR, qui anime aujourd’hui un groupe de travail dédié réunissant près de 80 experts sur ces sujets.
Une idée simple a particulièrement marqué les échanges :
« Diminuer le numérique, c’est aussi diminuer le risque. »
Autrement dit, la sobriété numérique contribue également à renforcer la robustesse et la résilience des systèmes d’information.
2. Mesurer est indispensable, mais la mesure ne suffit pas
Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de disposer d’indicateurs fiables pour éclairer les décisions. Plusieurs outils open source et référentiels ont ainsi été présentés, parmi lesquels :
- NumEcoEval, permettant d’évaluer l’empreinte environnementale des systèmes d’information et basé sur les travaux de l’ADEME ;
- l’Indice de Résilience Numérique (IRN), qui aide à identifier les dépendances critiques et à prioriser les investissements liés au cloud, aux données, à l’IA, à la cybersécurité ou à l’énergie ;
- IRON, dédié à la robustesse des organisations face au numérique ;
- Tie Break, développé pour accompagner les collectivités.
Mais tous les intervenants ont rappelé un point essentiel : les indicateurs doivent rester des outils d’aide à la décision.
Comme cela a été souligné pendant la table ronde :
« Quand la mesure devient un objectif, ce n’est plus une bonne mesure. »
La gouvernance, le discernement humain et la connaissance des contextes demeurent indispensables pour arbitrer les choix.
3. Responsabilité, souveraineté et résilience doivent désormais être portées au plus haut niveau des organisations
Troisième enseignement : ces sujets ne relèvent plus uniquement des directions des systèmes d’information. L’accélération de l’intelligence artificielle, la multiplication des dépendances technologiques, les enjeux énergétiques ou encore les exigences réglementaires imposent une approche plus globale.
Les intervenants ont ainsi insisté sur plusieurs priorités :
- mettre en place une gouvernance dédiée ;
- cartographier les dépendances et les vulnérabilités ;
- mieux anticiper les risques ;
- intégrer ces enjeux dans les décisions stratégiques de l’organisation.
Une phrase a particulièrement résumé les échanges :
« Vous pouvez être souverain sans être responsable… et responsable sans être souverain. L’enjeu est désormais de construire les deux ensemble. »
Une dynamique que l’INR poursuivra dans les prochains mois
Cette table ronde a également permis de mettre en lumière les travaux engagés par l’INR autour de la souveraineté, de la robustesse et de la résilience numérique.
Parmi les projets en cours figure notamment la construction d’un MOOC consacré aux liens entre souveraineté, durabilité et robustesse, qui viendra compléter les ressources déjà développées par l’association. Toutes les personnes souhaitant contribuer à ces travaux sont invitées à rejoindre cette dynamique collective. Pour cela, écrivez-nous !
Comme l’a justement résumé Christophe Pham à l’issue de l’événement :
« La voix de l’Institut du Numérique Responsable sur les sujets de souveraineté, de robustesse et de résilience mérite d’être entendue. »

Merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à la réussite de cette 1ère édition
L’INR remercie chaleureusement les organisateurs du Salon de la Souveraineté Numérique pour leur confiance, l’ensemble des intervenants de la table ronde, les nombreux visiteurs venus échanger sur le Village Partenaires, ses adhérents et partenaires présents pendant ces deux journées ainsi que toutes celles et ceux qui contribuent aux travaux de l’INR.
Cette première édition confirme que la souveraineté numérique est entrée dans une nouvelle phase : celle du passage à l’action ; une dynamique qui devra s’appuyer sur une approche globale, conciliant souveraineté, responsabilité, résilience et robustesse afin de construire un numérique durable, maîtrisé et créateur de valeur.
