Longtemps porté par des initiatives pionnières ou des démarches volontaires, le numérique responsable s’impose désormais comme un véritable enjeu de gouvernance pour les organisations. Intelligence artificielle, cybersécurité, souveraineté, achats responsables, réglementation ou encore numérique de confiance : ces transformations appellent des approches plus structurées, plus opérationnelles et plus collectives.
C’est précisément autour de cette évolution que se sont réunis, le 2 juillet dernier, les participants de la rencontre « Numérique Responsable 2026 : industrialisation, gouvernance et numérique de confiance », organisée par Cap Digital, en partenariat avec l’Institut du Numérique Responsable et avec le soutien de la Région Île-de-France.
Au fil des interventions et des retours d’expérience, un même constat s’est imposé : le sujet n’est plus de convaincre de l’intérêt du numérique responsable, mais de donner aux organisations les moyens de le déployer concrètement.

Le numérique responsable : un sujet de gouvernance
En ouverture de la matinée, Carlos Cunha, délégué général de Cap Digital, est revenu sur les avancées du programme Refresh, qui accompagne depuis plusieurs années les startups et PME franciliennes dans la structuration de leurs démarches de numérique responsable.
Cette dynamique a trouvé un écho dans l’intervention de Gwennaelle Costa Le Vaillant, Directrice Numérique, Innovation et Smart Région de la Région Île-de-France, qui a présenté la stratégie régionale en matière de numérique responsable.
Au travers d’actions portant notamment sur les achats responsables, l’équité numérique ou encore le budget vert, elle a rappelé une conviction qui résume parfaitement l’évolution actuelle :
« On ne peut plus aujourd’hui faire du numérique sans faire du numérique responsable. »
Le numérique responsable n’est plus un sujet porté uniquement par les directions RSE ou les équipes informatiques. Il devient progressivement un levier de pilotage des politiques publiques comme des stratégies d’entreprise.
Passer à l’action nécessite des outils concrets
Si les organisations partagent désormais largement les objectifs du numérique responsable, la question est aujourd’hui celle de leur mise en œuvre.
À ce titre, Richard Bury, président de l’INR et DSI / Directeur du programme Numérique Responsable chez EDF, a présenté la nouvelle version du Clausier des achats numériques écoresponsables 2026, développée par l’INR en collaboration avec la French Tech Corporate Community (diffusion et mise en libre accès du nouveau clausier très prochaines).
Ce référentiel propose des clauses directement mobilisables pour intégrer des exigences environnementales et sociales dans les achats numériques, offrant ainsi un outil concret aux acheteurs et aux organisations souhaitant structurer leur démarche.
Cette présentation a également été l’occasion de rappeler une idée essentielle :
« L’opérationnalisation du numérique responsable est un juste équilibre entre exigence et faisabilité. »
Une vision pragmatique qui reflète pleinement l’ambition de l’INR : accompagner les organisations avec des méthodes, des référentiels et des outils permettant de transformer les engagements en actions.

Crédit photo : Louise Galis, Cap Digital
Industrialiser le numérique responsable implique toute l’organisation
Les retours d’expérience de Free Pro et de BNP Paribas Personal Finance ont illustré une réalité largement partagée : réussir une démarche de numérique responsable suppose d’embarquer l’ensemble de l’entreprise.
Aux côtés de Guillaume de Lavallade (Free Pro), Carole Elgoyhen, administratrice de l’INR et directrice du programme Numérique Responsable de BNP Paribas Personal Finance, a partagé les enseignements d’un déploiement à l’échelle internationale.
Dans un groupe présent dans de nombreux pays, la démarche repose sur une vision commune, tout en tenant compte des réalités locales. Cette dynamique s’appuie notamment sur un réseau d’ambassadeurs du numérique responsable, chargés d’accompagner les équipes dans les différents territoires, ainsi que sur des engagements structurants comme la signature de la Charte Numérique Responsable.
Les échanges ont également permis de mettre en lumière plusieurs priorités communes aux organisations :
- intégrer le numérique responsable dans toutes les fonctions de l’entreprise, au-delà des seules directions IT et RSE ;
- accélérer la circularité des équipements numériques ;
- développer les démarches d’écoconception ;
- favoriser une meilleure représentation des femmes dans les métiers du numérique.
Autant de leviers qui témoignent d’une évolution majeure : le numérique responsable devient progressivement une démarche transverse, mobilisant l’ensemble des métiers.
Le numérique responsable, un levier de confiance
Les échanges ont enfin souligné le rapprochement croissant entre numérique responsable et numérique de confiance.
Face à l’intensification des cybermenaces, à l’usage croissant des données et aux nouvelles attentes réglementaires, le numérique responsable apparaît également comme un levier de maîtrise des risques.
L’exemple partagé par BNP Paribas Personal Finance illustre cette évolution : écoconception, gouvernance, sensibilisation des collaborateurs ou encore déploiement international contribuent à construire un numérique à la fois plus durable, plus robuste et plus fiable.
Cette convergence entre responsabilité, sécurité et confiance constitue aujourd’hui l’un des principaux marqueurs de la maturité des organisations.
L’INR, au service d’un numérique responsable plus opérationnel
À travers les interventions de Richard Bury, président de l’INR, de Carole Elgoyhen et d’Adélaïde Albouy-Kissi, membres du Conseil d’Administration de l’Institut, cette rencontre a illustré le rôle joué par l’INR pour accompagner la montée en maturité des organisations.
En fédérant experts, entreprises, collectivités et partenaires autour de référentiels, de retours d’expérience et de ressources opérationnelles, l’Institut contribue à faire évoluer le numérique responsable d’une démarche d’engagement vers une véritable stratégie de transformation.
Cette matinée organisée avec Cap Digital l’a une nouvelle fois démontré : le défi n’est plus de convaincre de l’intérêt du numérique responsable, mais de fournir aux organisations les outils, les méthodes et les retours d’expérience qui leur permettront de passer durablement de l’intention à l’action.
Un grand merci à Cap Digital, à la Région Île-de-France, aux intervenants et à l’ensemble des participants pour la richesse des échanges et leur engagement en faveur d’un numérique plus responsable, plus sobre et plus digne de confiance.
